Je suis un peu mi-figue mi-raisin. D'une part, tout est là pour faire que j'apprécie cette oeuvre : contexte historique, personnages, intrigue. Le style est, je ne vous apprends rien, excellent : on alterne entre des monologues lyriques et poignants et des scènes à la limite du grotesque, très drôles. Ce mélange des genres propre à Shakespeare est vraiment quelque chose que j'adore, l'auteur ne s'enferme pas dans un carcan, cela rend l'oeuvre très vivante. L'intrigue est vraiment passionnante, entre luttes pour le pouvoir, amour et conflits familiaux. Les thèmes abordés sont extrêmement intéressants également : la vengeance, le pouvoir, la folie, et plus généralement l'existence humaine, la vie et la mort... Certains passages sont ainsi très métaphysiques, puisque Hamlet se laisse aller à la mélancolie et réfléchit beaucoup sur lui-même et sur l'existence. Cette pièce est incroyablement bien construite, il y a du rythme et on ne s'ennuie pas en la lisant.
Pourtant, malgré tous ces points positifs et la qualité indéniable de l'oeuvre (je ne vais pas remettre en cause l'aspect monumental de cet oeuvre !), je n'ai pas été vraiment touchée. Il n'y a pas eu cette chose en plus qui fait que je me sens, moi aussi, concernée par l'oeuvre. Je me suis sentie un peu extérieure à l'oeuvre, j'en ai admirée le style, les personnages et les ficelles mais elle ne m'a pas transcendée.
Je suis contente néanmoins de l'avoir lue, pour la qualité du style, la dextérité avec laquelle l'intrigue est mise en place et la réflexion sur la vengeance, la mort et l'existence humaine. Mais, je me dois d'être honnête : elle ne m'a bouleversée comme le font les tragédies raciniennes.
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