T'es juste assise là, à regarder les autres vivre. T'aimerais seulement que pour une fois les choses soient simples et faciles. Que le sort joue en ta faveur. Tout ce que tu voudrais, c'est arrêter de te sentir marginale, solitaire au milieu de la foule. Être capable, pour un instant, d'arrêter de réfléchir. Mettre pause. S'enfuir. Les relations se font, se défont et toi tu restes dans ton abîme de perplexité. Tu sais pas ce que l'avenir te réserve. Tu as peur de porter, dans quelques années, un regard amer et désillusionné sur ce que tu es en train de vivre. T'en as marre de faire partie de la foule, de ces ombres, de cette populace. T'as peur d'exploser, de faire souffrir les gens de la pire des manières. Tu te sens tout le temps trahie, marre de vivre dans un monde de rêve et d'illusions. Mais cette vie n'est pas faite pour les idéalistes, les rêveurs, les sensibles, les fragiles. Y a pas de place, de rôle pour eux ici-bas. Alors tu continues d'afficher ce sourire factice, de tenir debout. Tu attends l'élément déclencheur qui feras que tout ce que tu as maigrement construit jusqu'à lors parte en fumée. Même quand tout va bien, tu te sens mal. La moindre possibilité de bonheur te faire peur. Tu envies les gens, tu les hais profondément mais tout ce que tu voudrais c'est être capable d'agir comme eux, de penser comme eux. Les prochaines années sont empreintes d'un tel mystère : seras-tu capable de continuer ton petit chemin, te couler un peu plus dans ce moule dans l'espoir d'être vraiment heureuse ? Ou vas-tu plutôt tout envoyer bouler, te détruire, détruire avec toi les gens qui t'aiment ?
Je pense qu'il faut que tu arrêtes de chercher un sens, un mode d'emploi à tout ça. Y en a pas, y en aura jamais parce que personne sait vraiment où il va, qui il est. Peut être que le Spleen qui coule dans tes veines te rendra plus forte, un shoot de courage et de différence. Ou peut être bien que c'est une injection létale, on verra. Qui vivra verra, qui vivra pas verra pas, qui verra vivra.
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