J'ai mis littéralement une éternité à lire ce pavé d'une incroyable densité. Mais je suis bien contente de l'avoir fait, je me sens vraiment enrichie par ma lecture. On ne peut pas nier qu'il y a une atmosphère particulière dans ce roman, l'insouciance de toute une époque. J'ai eu l'impression d'être prise dans une long tourbillon : où sont les personnages, où vont-ils ? On ne le sait pas toujours. Une valse de noms, certains connus, de fêtes, de rencontres, de femmes... Ils se quittent, se retrouvent à des kilomètres, repartent, happés par l'appel du large. Toujours en mouvement, ne pensant à rien de sérieux. Certains passages resteront littéralement gravés dans mon cerveau, des nuits comme on aimerait en vivre. Pour moi, l'humain prime dans ce livre : on s'oublie par amitié, par amour, les relations sont intenses et parfois brèves, intermittentes, crépitent avant de s'éteindre. Seule constante : la route, toujours elle, éternelle confidente et compagne. Que dire de Neal, ce personnage fiévreux, fou, autodestructeur et pourtant terriblement attachant, qui fascine Kerouac autant que le lecteur ?Tout est flou dans ce livre, les personnages souffrent en même temps qu'ils se sentent libres, vivants. De règle, il n'en ont qu'une : reprendre la route, à chaque fois que l'envie s'en fait sentir. Ils sont incapables de se poser, incapable de mener une vie de famille normale. Ils ne vivent que pour bouger, travaillant seulement quand l'argent manque terriblement.
C'est un roman long à lire, ardu mais c'est le genre d'oeuvre qu'on emporte avec soi pour toute une vie. Elle nous rappelle que l'existence est faite de choix, de priorités et d'humain avant toute chose. De liberté.
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