Je suis le paradoxe.
Le maquillage et les cosmétiques me font du bien, pourtant je revendique l'authenticité et exècre la superficialité.
J'admire les rebelles, les rockeurs, les punks et Joan Jett pourtant je suis bien incapable de dévier de ma vie de fourmi.
Je rêve de sortir tous les soirs, de danser sur des musiques électroniques, de dépasser les limites du temps et de l'espace pourtant l'inconnu me fait peur et je n'aime rien tant que rester chez moi à lire un bouquin.
J'ai envie que tout le monde m'aime et m'admire pourtant je n'aime presque personne.
Je méprise certaines personnes pourtant je ferais n'importe quoi pour qu'elles me sourient.
Je suis gentille pourtant je déteste qu'on m'appose cet adjectif.
Je me plaît à m'imaginer dissertant sur Céline ou Camus pourtant je ne peux m'empêcher de compulser de stupides magazines féminins.
Je suis foncièrement contre la restauration rapide pourtant je vais chez McDonald.
Je ne peux pas supporter la souffrance animale et me soucie de l'avenir de notre planète pourtant j'adore la viande de boeuf saignante.
Je me considère comme supérieure à pas mal de gens pourtant je suis jalouse de tout le monde, en permanence.
Je me refuse à avoir certains comportements pourtant je crève d'envie d'adopter ces mêmes comportements.
Je rejette la majorité des buts proposés par la société pourtant je les poursuis à longueur de journée.
Je hais ceux qui ne maîtrisent pas la langue française pourtant je parle souvent comme une caillera.
Je suis contre le travail des enfants pourtant moi aussi j'aimerais bien un Iphone.
Je n'exprime pas mes sentiments, je les masque même, pourtant j'attend celui qui saura les deviner.
Je m'imagine comme quelqu'un de fort, de déterminé, pourtant je suis aussi fragile qu'une brindille.
Je trouve les imperfections belles pourtant je passe mes journées à tenter d'être parfaite.
Je n'aime pas la société de consommation, pourtant j'ai besoin d'une autre paire de chaussures, et aussi d'un nouveau crayon pour les yeux.
J'adore les vêtements de qualité, les beaux tissus, le fait main pourtant je ne suis pas prête à payer un t-shirt plus de 30 euros.
Et si on acceptait nos paradoxes ? Et si on arrêtait d'apposer des étiquettes indécollables sur les autres et sur soi-même ?
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